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Mauritanie: plaintes contre l’esclavagisme et la torture devant l’ONU et l’UA

A Bruxelles, des avocats ont déposé une plainte internationale pour dénoncer l’esclavage et la torture en Mauritanie. Elle a été adressée au rapporteur des Nations unies sur l’esclavage et à la commission juridique de l’Union africaine. Pour les défenseurs des victimes, c’est une situation qui perdure en Mauritanie malgré l’abolition de l’esclavage : des familles entières sont esclaves de mère en fille et de père en fils.

Avec notre bureau de Bruxelles,

C’est dans un lieu symbolique, le Parlement européen, que les avocats ont tenu à présenter leur plainte. L’eurodéputé Louis Michel rappelle que l’esclavage perdure en Mauritanie. « L’esclavage a été aboli officiellement en 1981, a-t-il affirmé, il a été érigé en crime depuis 2007 et la loi a été renforcée depuis 2015. Malheureusement il existe encore de très nombreuses situations de servitude totale, de travail forcé et non rémunéré. »

Pour Me William Bourdon, avocat français de l’association mauritanienne Ira, qui lutte contre l’esclavagisme, il n’y a pas de doute : « Il n’y a aucune volonté des autorités mauritaniennes de mettre fin à l’esclavage dans le pays. »

Une plainte internationale a donc été déposée auprès des Nations unies et de l’Union africaine. Biram Dah Abeid est le président de l’association Ira. Il déplore l’acharnement des autorités mauritaniennes contre les militants anti-esclavagisme. « Une peine d’une année à cinq ans de prison a été votée pour sanctionner toute personne qui critique ce code négrier que l’Europe et l’Amérique ont aboli depuis des siècles. C’est l’Etat mauritanien, c’est le Parlement mauritanien », déplore-t-il.

Avec cette plainte, tous espèrent une reconnaissance internationale de cette situation en Mauritanie et des sanctions réelles à l’encontre des esclavagistes.